Pointage géolocalisé
Quand un salarié conteste ses heures, c'est à vous de produire un décompte, pas seulement à lui de prouver ce qu'il avance. Un carnet griffonné le vendredi pèse peu face à un tableau tenu jour après jour. Voici ce que la loi demande, ce qui tient devant un juge, et comment le pointage géolocalisé vous donne une trace datée sans rien demander de plus aux équipes.
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Il a travaillé deux ans chez vous, il est parti dans de bons termes, et un jour une lettre recommandée réclame le paiement d'heures supplémentaires : les départs à 6h30 du dépôt, les fins de chantier tardives, les samedis de dépannage. Il joint un tableau, semaine par semaine, avec ses horaires. Vous, vous avez les bulletins de paie, quelques SMS et un carnet où vous notiez les jours, sans les heures. C'est là que tout se joue : non pas sur ce dont chacun se souvient, mais sur ce que chacun peut montrer, et sur la précision de ce qu'il montre.
Sans trace
« J'ai fini à 17 h 30 »
« Moi j'avais noté 17 h »
Parole contre parole
Avec l'horodatage
La discussion est close
Le trajet et la pause apparaissent, sans entrer dans les heures de chantier.
Il doit apporter des éléments suffisamment précis sur les heures qu'il dit avoir faites : un tableau, un agenda, des messages. Un relevé tenu après coup peut suffire, s'il est détaillé jour par jour.
L'employeur doit ensuite fournir les éléments qui justifient les horaires réellement effectués. Se contenter de contester le tableau adverse, sans rien produire, ne suffit pas.
Il forme sa conviction au vu de ce que chacun apporte. Le décompte le plus précis, le plus régulier et le plus vérifiable a l'avantage, d'où qu'il vienne.
Il peut accorder tout, une partie, ou rien. Faute de décompte sérieux côté employeur, c'est souvent le tableau du salarié qui sert de base au calcul.
Un pointage enregistré à l'arrivée et au départ de chaque chantier, consultable par le salarié et par vous, vous permet de répondre jour par jour, au lieu d'opposer un souvenir à un autre.
Le temps passé sur la route est mesuré entre la sortie d'un chantier et l'entrée dans le suivant, puis compté séparément des heures de production.
L'article L3171-4 du Code du travail organise un partage. En cas de litige sur le nombre d'heures accomplies, l'employeur fournit au juge les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés, et le salarié fournit les éléments qui appuient sa demande. Aucun des deux ne peut se contenter d'attendre que l'autre prouve.
La Cour de cassation a précisé la méthode en 2020 : le salarié présente des éléments suffisamment précis sur les heures qu'il prétend avoir faites, pour que l'employeur puisse y répondre utilement avec les siens. Le seuil demandé au salarié est bas : un tableau tenu par lui-même peut suffire à ouvrir le débat. Le vôtre, en face, doit être sérieux.
S'ajoute une obligation qui précède tout litige. Lorsque les salariés ne suivent pas tous le même horaire collectif, ce qui est le cas de la plupart des entreprises qui tournent sur plusieurs chantiers, l'employeur doit tenir un décompte quotidien des heures de chacun, récapitulé chaque semaine. Ne pas l'avoir tenu, c'est arriver devant le juge avec un dossier vide.
Sur la preuve des heures de chantier, un juge regarde d'abord la précision. Un relevé qui donne l'heure d'arrivée et l'heure de départ pour chaque jour, avec le lieu, vaut plus qu'un total mensuel. Un document tenu au fil des jours vaut plus qu'un tableau reconstitué après coup. Et un document que le salarié pouvait consulter vaut plus qu'un carnet resté dans la boîte à gants du patron.
Pèsent peu, à l'inverse : les attestations de collègues encore en poste, les plannings prévisionnels qui disent où l'équipe devait être et non où elle était, les feuilles d'heures signées en bloc à la fin du mois. Elles ne sont pas inutiles, mais elles ne remplacent pas une trace quotidienne.
Le piège le plus fréquent dans le bâtiment, ce sont les trajets. Le passage obligatoire par le dépôt pour charger le camion, le trajet entre deux chantiers dans la journée : ce temps-là est souvent du temps de travail effectif, et c'est souvent sur lui que portent les réclamations. Un décompte qui ne le distingue pas laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.
Le pointage géolocalisé enregistre l'entrée et la sortie de chaque zone de chantier, à la minute, sans que le compagnon ait à appuyer sur quoi que ce soit. Chaque jour produit donc ce que la loi demande : une heure d'arrivée, une heure de départ, un lieu. Le temps passé entre deux chantiers est compté à part, comme déplacement, au lieu de se fondre dans un total.
Deux détails font la différence face à une contestation. Le salarié voit ses propres heures, et peut les corriger s'il estime que la détection s'est trompée ; ce que le téléphone a relevé reste visible à côté de la correction. Le décompte n'est donc ni secret, ni unilatéral : il a été tenu au vu des deux parties, au moment où les choses se passaient.
Il faut le dire aussi : une trace horodatée n'est pas une preuve absolue. Une journée où le compagnon a oublié son téléphone, une détection manquée dans un sous-sol, une correction saisie à la main : ces jours-là se discutent comme avant. Mais ils deviennent l'exception, et vous savez précisément lesquels.
Une donnée de géolocalisation obtenue en dehors des règles peut être écartée par le juge, et se retourner contre vous. Trois conditions sont à remplir avant la mise en service. Les salariés doivent être informés individuellement, et l'information doit dire clairement que le dispositif sert au décompte du temps de travail. Les représentants du personnel doivent être consultés s'il en existe. Le traitement doit figurer dans votre registre, avec la durée pendant laquelle vous conservez les données.
Le décompte du temps de travail par géolocalisation n'est admis que lorsqu'aucun autre moyen ne permet de le faire, ce qui est le cas pour des équipes qui changent de chantier dans la semaine. Le suivi doit cesser hors du temps de travail. Kali-Track n'enregistre que les entrées et sorties de chantier, pas le trajet lui-même, et s'arrête les jours non travaillés définis dans vos réglages.
Pour la durée de conservation, gardez en tête le délai de trois ans pendant lequel un rappel de salaire peut être réclamé : un décompte effacé avant la fin de ce délai ne vous servira pas le jour où la lettre arrive. Faites valider la durée retenue par votre conseil si vous avez un doute.
Un écart d'une heure et quart sur une seule semaine, pour un seul compagnon.
Mes gars vont croire que je prépare un dossier contre eux
Le décompte protège les deux côtés. Le compagnon qui finit à 18h40 un mardi a ses quarante minutes enregistrées, au lieu de devoir y penser le vendredi. C'est souvent lui qui y gagne le plus, et c'est ce qu'il faut lui dire en présentant l'outil.
Je n'ai jamais eu de litige, pourquoi m'en soucier maintenant ?
Parce que le décompte doit exister avant le litige, pas après. Une réclamation peut porter sur les trois années précédentes : ce que vous n'enregistrez pas aujourd'hui ne pourra pas être reconstitué le jour où vous en aurez besoin.
Un relevé GPS, ça se conteste aussi
Oui, et c'est normal : la détection peut manquer une arrivée, personne ne prétend le contraire. Mais un relevé daté, quotidien et consultable par le salarié se discute jour par jour, sur des faits précis. C'est très différent d'un souvenir opposé à un autre.
Mon comptable fait déjà les fiches de paie, ça suffit
Le bulletin dit combien d'heures ont été payées, pas combien ont été faites. C'est justement l'écart entre les deux que le salarié conteste. Pour la preuve des heures de chantier, c'est le décompte quotidien qui permet d'y répondre.
Les deux. Le salarié présente des éléments suffisamment précis sur les heures qu'il réclame, puis l'employeur répond avec les éléments qui justifient les horaires réellement effectués. Le juge tranche au vu des deux.
Un rappel de salaire peut être demandé sur les trois années précédentes. Votre décompte doit donc être conservé au moins aussi longtemps pour vous être utile.
Il peut suffire à ouvrir le débat, s'il est précis jour par jour. C'est alors à vous de produire un décompte plus fiable. Si vous n'avez rien, le juge peut se fonder sur le sien.
Oui, si le dispositif a été mis en place dans les règles : salariés informés de son usage pour le temps de travail, représentants du personnel consultés s'il en existe, traitement inscrit au registre. Sans ces conditions, elles risquent d'être écartées.
Quand le passage par le dépôt est imposé, pour charger le matériel ou prendre le véhicule, le trajet qui suit est en général du temps de travail. Le trajet direct domicile-chantier, lui, ne l'est pas, mais il est souvent indemnisé selon votre convention collective.
La formule Chantiers est gratuite, sans limite de durée, jusqu'à trois personnes : chantiers, pointage GPS et export des heures. Les formules payantes commencent à 9,99 € par mois.
La formule gratuite n'a pas de limite de durée et ne demande pas de carte bancaire. Si la détection ne vous convainc pas sur le terrain, vous arrêtez.