Pointage géolocalisé
Beaucoup d'artisans pensent d'abord au traceur GPS dans l'utilitaire pour savoir à quelle heure l'équipe arrive sur le chantier. C'est un bon outil pour la flotte, moins pour les heures : il mesure un véhicule, pas un compagnon. Voici ce que chacun sait vraiment faire, ce que la CNIL accepte pour l'un et pour l'autre, et comment choisir.
Formule gratuite sans limite de durée · Sans carte bancaire · 97 utilisateurs
Le matin, Julien, Mehdi et Thomas partent ensemble dans le fourgon. À 10h, Julien dépose Mehdi sur un second chantier et revient. À midi, Thomas part chercher du matériel avec sa propre voiture. Le traceur du camion raconte une seule histoire : celle du fourgon. Il ne sait pas que Mehdi a passé l'après-midi ailleurs, ni que Thomas a fait l'aller-retour au négoce. Pour les heures de chacun, ce qu'il faut suivre, c'est la personne et le chantier, pas le véhicule. C'est la raison d'être du pointage par téléphone : chaque compagnon a ses propres arrivées et ses propres départs, quel que soit le véhicule qui l'a amené.
Un client appelle pour un dépannage. Vous ouvrez la carte, vous voyez qui est le plus près, vous l'envoyez. La conversation dure trente secondes au lieu de trois appels.
Le temps passé sur la route est mesuré entre la sortie d'un chantier et l'entrée dans le suivant, puis compté séparément des heures de production.
Vous saisissez l'adresse du chantier ; l'application dessine une zone autour. C'est cette zone que surveillent les téléphones de l'équipe, pas un véhicule.
Qu'il arrive dans le fourgon, dans sa voiture ou déposé par un collègue, son téléphone détecte son entrée dans la zone et ouvre son pointage à lui.
Quand il sort de la zone, le pointage se ferme. S'il part sur un autre chantier, l'arrivée suivante s'ouvre là-bas, et le trajet entre les deux est compté à part.
Contrairement à un traceur, le téléphone ne remonte pas où le compagnon est passé : seulement les entrées et les sorties de chantier.
Dans le tableau de bord, chaque heure est rattachée à un compagnon et à un chantier. C'est ce dont la paie et le calcul de vos coûts ont besoin.
Un traceur GPS installé dans l'utilitaire enregistre les déplacements du véhicule : où il roule, où il s'arrête, combien de temps, combien de kilomètres. Pour gérer une flotte, c'est précieux : retrouver un camion volé, suivre le kilométrage, planifier l'entretien, justifier des frais.
Pour décompter des heures, en revanche, il a un défaut de fond : il suit un objet, pas une personne. Dès que plusieurs compagnons partagent un véhicule, que l'un d'eux est déposé ailleurs, qu'un autre vient avec sa propre voiture ou que le camion reste garé sur le chantier pendant que l'équipe part déjeuner, l'histoire du véhicule et celle des heures se séparent.
Le traceur enregistre aussi, par construction, tout le parcours. C'est plus d'informations que n'en demande le décompte des heures, et c'est précisément ce que la réglementation regarde de près.
Le téléphone de chaque compagnon surveille les zones de vos chantiers. Il n'enregistre pas sa position en continu : le système le prévient quand il entre dans une zone ou en sort, et c'est tout ce qui remonte. Le pointage par téléphone produit ainsi exactement ce dont la paie a besoin : une arrivée et un départ, par personne et par chantier.
Il n'y a rien à installer dans les véhicules, et le compagnon qui vient avec sa propre voiture est compté comme les autres. Les heures de chacun sont rattachées au bon chantier, même quand l'équipe se sépare dans la journée.
Il a ses propres limites, et il faut les dire. Un téléphone éteint ou à plat ne détecte rien. Sous terre, dans un parking ou une cave, le GPS ne passe pas. Certains téléphones Android ferment les applications en arrière-plan tant qu'on ne les a pas autorisées à rester actives. Ces jours-là, le compagnon saisit ses heures à la main.
Les deux dispositifs relèvent des mêmes règles : géolocaliser des salariés n'est admis que pour des finalités précises, et le décompte du temps de travail n'en fait partie que lorsqu'aucun autre moyen ne le permet. Dans les deux cas, chaque salarié doit être informé avant la mise en service, les représentants du personnel consultés s'il en existe, et le traitement inscrit à votre registre.
Pour les véhicules, la CNIL insiste sur un point : le dispositif ne doit pas permettre une surveillance permanente, et lorsque le salarié peut utiliser le véhicule à titre personnel, il doit pouvoir désactiver la géolocalisation en dehors du temps de travail. Le contrôle des excès de vitesse, par exemple, n'est pas une finalité admise. Pour la conservation, elle retient en règle générale deux mois, davantage lorsque les données servent à la preuve des interventions ou au suivi du temps de travail.
Un dispositif qui ne remonte que les entrées et sorties de chantier pose moins de questions qu'un dispositif qui trace chaque trajet. Kali-Track n'enregistre pas le parcours, et s'arrête les jours non travaillés définis dans vos réglages.
Si votre préoccupation principale est la flotte — un parc de plusieurs utilitaires, des vols, du kilométrage à justifier, de l'entretien à suivre — le traceur répond à une vraie question, et le téléphone n'y répondra pas.
Si votre préoccupation principale est la paie et le coût de vos chantiers — savoir combien d'heures chaque compagnon a passé sur chaque chantier — le pointage par téléphone y répond plus directement, sans matériel à poser, et sans suivre les trajets.
Les deux ne s'excluent pas. Une entreprise qui a déjà des traceurs pour sa flotte peut parfaitement y ajouter un pointage par chantier pour les heures. Ce qu'il faut éviter, c'est de demander à l'un le travail de l'autre : reconstituer des heures à partir des arrêts d'un camion, ou suivre un véhicule avec le téléphone de celui qui le conduit.
Un écart d'une heure et quart sur une seule semaine, pour un seul compagnon.
J'ai déjà des boîtiers dans les camions, ça suffit pour les heures
Ils suffisent tant que chaque compagnon a son camion et ne le quitte jamais. Dès que l'équipe partage un véhicule ou se sépare dans la journée, les arrêts du camion ne disent plus rien des heures de chacun. C'est souvent à la première contestation qu'on s'en aperçoit.
Sur le téléphone, mes gars peuvent tricher plus facilement
Ils peuvent corriger une heure, et c'est voulu, parce que la détection peut se tromper. Mais ce qu'elle a relevé reste visible à côté de la correction. Avec un traceur, le compagnon qui laisse le camion au chantier et part ailleurs n'est pas détecté du tout.
Le téléphone perso, c'est plus intrusif qu'un boîtier dans le camion
C'est souvent l'inverse : le boîtier enregistre chaque trajet du véhicule, alors que le pointage ne remonte que les entrées et sorties de chantier. Le suivi s'arrête hors des jours travaillés. Sur un téléphone personnel, l'information écrite du salarié doit simplement être très claire.
Et la batterie des téléphones ?
La surveillance de zone consomme peu, parce qu'elle ne demande pas la position en continu : le système ne réveille l'application qu'au franchissement d'une limite. C'est le même mécanisme que les rappels liés à un lieu de votre téléphone.
C'est possible si chaque salarié a son propre véhicule et que le décompte du temps de travail figure parmi les finalités annoncées. Mais le traceur suit le véhicule : dès que l'équipe le partage ou se sépare, il ne dit plus rien des heures de chacun.
Non. Il ne remonte que l'entrée et la sortie des zones de chantier. Le temps entre deux chantiers est compté comme déplacement, mais le parcours lui-même n'est pas enregistré.
Lorsqu'il est autorisé à utiliser le véhicule à titre personnel, la CNIL estime qu'il doit pouvoir désactiver la géolocalisation en dehors du temps de travail.
Oui. Traceur ou téléphone, chaque salarié doit être informé avant la mise en service, les représentants du personnel consultés s'il en existe, et le traitement inscrit à votre registre.
Oui, à condition que chacun serve sa propre finalité : la flotte pour le traceur, le décompte des heures pour le pointage. Chaque finalité doit être annoncée aux salariés.
La formule Chantiers est gratuite, sans limite de durée, jusqu'à trois personnes : chantiers, pointage GPS et export des heures. Les formules payantes commencent à 9,99 € par mois. Aucun boîtier à acheter.
La formule gratuite n'a pas de limite de durée et ne demande pas de carte bancaire. Si la détection ne vous convainc pas sur le terrain, vous arrêtez.